Les non-cavaliers peuvent bien penser ce qu'ils veulent.
On ne tombe pas amoureux d'un cheval.
On l'aime comme un cavalier aime son cheval.
Et ça, seul un cavalier peut le comprendre.
Je suis surprise de voir le nom "
Fidji".
Parce qu'il representait tant de choses avant.
Quand je passais devant le club, je pensais à
Fidji. Quand je me promenais sur les chemins pour aller au club, je pensais à
Fidji. Quand je me levais en voyant les photos dans ma chambre, je pensais à
Fidji. Quand je me connectais sur msn, il y avait forcement
Fidji dans mon pseudo. Quand j'étais en cours, j'écrivais machinalement son nom. Quand j'écoutais de la musique, j'imaginais le carrousel possible dessus avec
Fidji. Et quand je pensais à
Fidji, je pensais à un petit cheval bai brun coquin toujours pret à aller broutter, que je brossais tous les mercredis et samedis, et qui donnait des coups de cul.
Quand ces anciens sentiments retombent d'un coup, on est surpris.Parce que maintenant, quand je passe devant le club, j'ai une pensée pour Golan et mon regard se tourne vers Gergovie. Quand je me promène dans les chemins, je tourne la tete vers Gergovie, mais sans trop de joie. Quand je me lève et que mon regard tombe sur sa photo, je ne vois plus le lien avec le moment où elle a été prise, dans l'allée des écuries à coté de la carrière. Quand je me connecte sur msn et que je vois écris "
Fidji", je ne me rend plus compte de ce que cela représente. Quand je suis en cours et que je retombe sur un cahier où j'ai gravé son nom, une boule me monte dans la gorge et toute la journée je redessine les lettres sans l'envie que j'avais avant de le revoir au plus vite. Quand je pense à
Fidji maintenant, je pense à un petit cheval au fond d'un près boueux, ininteressé, qui passerait à coté de moi au pas la tete basse, suivant une petite ponette.
Comme si j'avais enterré profondement une partie de moi, mais completement à contre coeur.